Vélo by Léo — Lionel Solheid

Avec Ludivine, il y a Marianne, « Phil » et les autres

« C’est certainement Marianne Vos qui m’a le plus marquée durant ma carrière ». Que ce soit lorsqu’elle fut son équipière au début de celle-ci, chez DSB, mais aussi après, un respect mutuel s’est forgé entre les deux femmes, au fil des ans. La preuve la plus éclatante, c’est évidemment la venue de la championne néerlandaise, championne du monde pour la deuxième fois cette année-là, lors de la course d’adieu de Ludivine, dans le petit village hesbignon de Corswarem.

Mais la Hesbignonne en garde spécialement deux souvenirs très forts. « Le premier, c’est lors de la toute première course que nous avions effectuée en Belgique, avec l’équipe DSB, c’était une kermesse: au briefing, le directeur sportif (ndla: Henk Heetebrij) avait dit que cette course, elle était pour moi. Les autres coureuses, et donc la championne du monde Marianne Vos devaient rouler pour moi. Incroyable…Je me souviens que nous étions parties à quatre à l’avant dans le final, mais pour assurer nos chances, le DS avait demandé à Marianne de sortir du peloton pour nous rejoindre. Elle a bouché le trou toute seule, il y avait bien deux minutes d’écart, puis elle a emmené le sprint pour moi et j’ai gagné…mais heureusement qu’elle a coupé son effort, sans quoi jamais je n’aurais pu la débordée (rires) ».

Le second souvenir, il a lieu lors d’une course à étapes en Italie, le tour de San Marino… « Nous nous étions déplacées avec une équipe très jeune: à 23 ans, je faisais office de mamy… Marianne avait remporté les deux premières étapes, et dans le final de la troisième, avec une ascension d’une belle descente, j’ai pris les devants pour piloter Marianne, et surtout empêcher qu’on ne l’attaque. Elle de nouveau gagné, de même que le classement général. A notre retour au pays, son papa est venu me féliciter chaleureusement pour le boulot que j’avais accompli pour sa fille. Cela m’a fait chaud au coeur ».

« Philippe Gilbert m’a aussi beaucoup inspirée. Il était de ma génération, même avec deux années de plus. On suivait tout le temps ses performances. C’est quelqu’un que j’admirais énormément, tant sur le plan sportif que sur le plan humain. On a toujours gardé d’excellents contacts, c’est un gars qui n’oublie pas, qui reste le même, d’une grande simplicité et qui n’hésite pas à prendre des nouvelles, un fidèle quoi ». Juillet 2018, Philippe chute de manière très spectaculaire au Tour de France. Fracture de la rotule… « Philippe avait couru avec Oli (ndla: Olivier Kaisen, le compagnon de Ludivine)entre 2009 et 2011, il a toujours pris de ses nouvelles après qu’il ait été forcé de s’arrêter en 2014, pour ses problèmes de coeur. Et après son retour de ce malheureux tour, il est venu à la maison avec ses deux garçons pour revoir Oli. Il avait pourtant tant de personnes à voir en Belgique. J’avais préparé des moules et ne sachant pas quel régime il devait suivre pendant sa rééducation, j’avais proposé du riz…il s’est exclamé, mais non « des frites…on est en Belgique quand même (rires) ! »

Et puis il y a ces personnes « clefs » qui ont permis d’avancer au bon moment. « Rinus Verboom et Guy Kostermans font partie de ceux-là. Ils m’ont beaucoup suivie, même encore après ma carrière. J’ai encore beaucoup de contacts avec Guy. Un peu moins avec Rinus, mais on s’est revu lors d’une course aux Pays-Bas, avec les garçons, et nous étions, lui comme moi, tout heureux de nous retrouver, « Mijn Ontdekker ».

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