Vélo by Léo — Lionel Solheid

Christophe Brandt, le jeune passionné

Un BMX, comme tous les gamins de mon âge…

Les premiers tours de pédalier, Christophe les effectue en toute insouciance sur un terrain vague du quartier verdoyant de Fayen-Bois (Jupille). « On s’amusait à aménager des circuits, avec des sauts, etc. ». Il est vrai qu’à l’époque, la plupart des gamins utilisaient leur « petit vélo » pour se déplacer, voir les copains, aller à la piscine, etc.

« Le vélo, c’est la liberté »

Mais pour le jeune « Cri Cri », c’est véritablement son voisin Marc Turquin qui sera en quelque sorte le déclencheur de sa passion pour le sport cycliste, une passion qui ne va plus le lâcher. « Marc faisait partie de la Roue Cherattoise (photo Valérie Vandeneede), et de temps à autre, je l’accompagnais dans ses entraînements… cela me plaisait, car le vélo, c’est la liberté : plus que la course à pied, tu peux aller loin relativement vite. Si j’avais envie d’aller à Spa, par exemple, ça ne posait pas de problème, et c’était l’occasion de changer de décor, de traverser des paysages variés… oui, la liberté »

Au contraire de son voisin, qui ne poursuivra pas l’expérience, Christophe, lui, va véritablement mordre à l’hameçon. Et c’est assez naturellement qu’il s’inscrit, comme Marc, à la Roue Cherattoise. « Mon premier vélo de course, c’est René Pleyers qui me l’a offert ». Le célèbre patron des mazout Pleyers (photo Jeffrey Van Linden) est sponsor de l’équipe, et c’est lui qui va devenir le premier entraîneur du jeune Brandt. « Comme mon papa n’y connaissait pas grand’chose et qu’il devait aussi s’occuper de la boucherie familiale, René venait me chercher en voiture et on partait sur les routes du Limbourg, qui étaient un peu plus planes que dans la région ».

C’est fait, Christophe attrape le virus du cyclisme… « Je n’avais pas de coureurs cyclistes dans la famille, et c’est véritablement en regardant Claudy Criquielion tenter de gagner Liège-Bastogne-Liège, à la télévision, que l’intérêt pour le sport pro s’est développé ». Mais aussi avec cette prise de conscience de ses qualités… « A l’époque, j’accusais 75 kilos pour 1M80, trop lourd pour un coureur, et pourtant je passais plutôt pas mal les bosses : je pense que j’étais fait pour ça tout simplement ». Avec les charges d’entraînement, le jeune coureur de Fayen-Bois fond littéralement et peut alors se révéler comme un des meilleurs grimpeurs belges de sa génération.

De Cheratte à l’Italie

Christophe fait ses classes au sein du club de Cheratte, qu’il doit quitter dès la catégorie espoirs, puisque celui-ci n’en disposait pas. « Il était prévu que je sois engagé au Valcapri (Vaux-sous-Chèvremont), mais entretemps, le club a disparu, et je me suis donc retrouvé de nouveau dans le Limbourg, en signant chez De Motten-Tongres ». « Cri Cri » s’intègre très bien dans le groupe et surtout ses performances sont au rendez-vous. Il remporte même la 1e étape du Tour du Limbourg.

Au sein de cette équipe, Christophe est dirigé par l’ancien pro de Panasonic, Guy Nulens, et par un autre ancien pro, originaire de Verviers, Georges Barras (ex-Splendor), qui avait migré dans le Limbourg. Le jeune Brandt sympathise avec ce dernier qui échafaudait alors un projet d’une équipe espoirs ambitieuse avec l’homme d’affaires liégeois, Daniel LaMartina. « Les contacts ont vite été très bons avec le patron de Saeco-Belgique (marque de machines à café), et comme je terminais mes études de marketing, j’ai fait une pierre deux coups : j’ai pu effectuer mon stage en entreprise, de dernière année, au sein de Saeco-Belgique (photo Henri Van de Weerdt), et j’ai été repris dans l’effectif des espoirs, durant deux saisons ».

Deux saisons ou presque, puisqu’une fois les études terminées, Daniel LaMartina propose à Christophe de partir en Italie dès le mois d’août pour devenir stagiaire de l’équipe professionnelle italienne jusqu’à la fin de la saison. La suite sera assez logique : c’est dans la botte transalpine que Christophe Brandt va donc débuter sa carrière professionnelle.

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