Vélo by Léo — Lionel Solheid

Jean Simon, trop honnête pour son époque !

« Tu ne m’avais pas dit que tu savais sprinter comme ça » (G.Plaud)

Lionceau « Solo » avec Bob Lelangue

Dans la catégorie des « Indés », le jeune Simon se fait peu à peu remarquer, notamment grâce à une belle pointe de vitesse. Il signe avec les « lionceaux de Van Steenbergen », la formation belge Solo (margarine)-Van Steenbergen, avec des coureurs comme Robert Lelangue (spécialistes de la piste, père de John, et futur directeur sportif d’Eddy Merckx) et surtout Rik Van Steenbergen (qui sera triple champion du monde, vainqueur d’étapes sur le Tour, ou de courses comme Milan-San Remo, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix), tout en restant affilié au Pesant. Dans cette équipe, il est notamment équipier du Tinlotois José Collette. Et d’emblée, le jeune Jean se met en évidence en attaquant dans le « Ronde » des Indés, passant seul en tête au Mont-de-l’Enclus.

Conscient de ses capacités, Jean espère prendre part au Tour de l’Avenir, puis enfin passer dans les rangs professionnels. Il se démène comme un beau diable en région parisienne…et pour cause, il roule devant sa fiancée, Françoise Thieullin, la fille de Fernand Thieullin, organisateur du Tour d’Eure-et-Loire. Elle qui va conserver toutes les coupures de journaux concernant les résultats de sa carrière. Jean termine notamment 3e des « Hauteurs de l’Ile-de-France », une course dans la vallée de la Chevreuse. Françoise et Jean se marieront en 1963.

Après une saison comme indépendant au sein de cette équipe Solo, le jeune flémallois va avoir ce qui était considéré comme insigne honneur de porter le maillot Peugeot-BP-Dunlop, et d’ainsi entrer dans l’effectif professionnel. Sauf que… « si je portais le maillot, je n’étais pas payé, et l’année suivante ce n’était guère plus glorieux puisque je gagnais 3000 francs par mois, là où un gars comme Emile Daems, l’année suivante, gagnait 50.000 francs. Déjà à l’époque de Solo, je n’étais pas payé, mais je bénéficiais juste d’un bon matériel. Et après Peugeot, lorsque j’ai rejoint l’équipe Wiel’s Groene Leeuw, je gagnais quelque chose comme 2000 francs. De nouveau par mois, mais uniquement sur une période de dix mois, car les deux mois où il n’y avait pas de course, on ne recevait riendu coup, après la saison, je travaillais à la sucrerie de Fexhe-le-Haut Clocher ou chez Cop, une entreprise de construction de Flémalle, pour gagner ma vie ».

Dans cette équipe française, on y retrouve alors deux coureurs belges de renom: Ferdinand Bracke et Pino Cerami. Le premier a fini 3e du Tour de France’68 et remporté la Vuelta trois ans plus tard; le second s’est adjugé la Flèche Wallonne et Paris-Roubaix, mais aussi une étape du Tour 1963, dont nous reparlerons. « Ferdinand, je l’ai battu plusieurs fois chez les amateurs, mais c’était un spécialiste du contre-la-montre »

Et le jeune Simon n’a peur de personne et le fait vite comprendre… « Je termine deuxième du Circuit du Limbourg derrière Daems (vainqueur, durant sa carrière du Tour de Lombardie, de Paris-Roubaix et Milan-San Remo, mais aussi d’étapes du le Tour et sur le Giro), qui courait alors pour l’équipe italienne Philco (qui comptait aussi en ses rangs des coureurs comme Adorni, Bitossi et Pinarello). Probablement la meilleure performance de ma carrière. Le final rocambolesque et ses ses suites resteront toujours gravés dans ma mémoire: dans le final, Emile Daems s’échappe et je prends sa roue, on part à deux…il me demande de passer, mais j’étais un peu cuit et je lui dis que je ne lui disputerai pas le sprint, il ne me croyait pas, il n’avait pas confiance, mais c’est ce qui est arrivé pourtant, même si je marchais bien à ce moment-là…une semaine plus tard, sur une kermesse, Van Steenbergen me demandait combien Daems m’avait donné pour ne pas que je lui dispute le sprint, mais moi je ne jouais pas à ce petit jeu-là, je n’avais juste pas su lutter…c’était une belle bande de bandits (rires) »

A l’issue de cette course, qui s’achevait à Genk, Jean avait reçu des félicitations bien méritées de ses pairs, comme Jean-Baptiste Claes.

Le Flémallois participait à de nombreuses courses en Flandre, que ce soit des courses comme Mandel-Lys-Escaut, le GP de Lommel… « Dans notre coin, il n’y avait pas grand’chose, à part peut-être la course Bruxelles-Nandrin et quelques autres courses…j’allais aussi à l’étranger, comme le Tour du Luxembourg, le Tour de l’Oise: je me souviens avoir fini 2e de la 3e étape, juste derrière André Darrigade, le sprinter français, c’était sur la piste, et je n’étais vraiment habitué…mais c’est vrai qu’au sprint, je me défendais; et au classement final, j’avais terminé cinquième« . C’est d’ailleurs en réglant le sprint du peloton, pour la 2e place, lors d’une étape du Tour d’Indre-et-Loire qu’il prend conscience de son potentiel de sprinter.

C

Jean s’était rendu à Spa, où le Tour arrivait au terme de la première étape (victoire d’Altig), pour tenter de se faire véritablement engager. C’est ce qui se produit l’année suivante.

Lion « Peugeot » avec Gaul, Simpson, Cerami et les autres

En 1963, Jean entre officiellement dans les plans de Peugeot dont l’effectif se renforce avec d’autres coureurs de tout premier ordre, dont Emile Daems, mais aussi Raymond Impanis (vainqueur de Paris-Nice à deux reprises, de Gand-Wevelgem, Paris-Roubaix, du Tour des Flandres et de la Flèche Wallonne, mais aussi de trois étapes sur le Tour, dont il finit 6e en 1947, 3e de la Vuelta), Willy Vannitsen (lauréat de la Flèche wallonne et vainqueur de deux étapes sur le Tour), Jos Hoevenaers (vainqueur de la Flèche Wallonne, porteur du maillot jaune sur les Tour’58 et ’59, dont il finira 8e, et 5e du Giro), le Français Raymond Mastrotto (vainqueur du Dauphiné Libéré et 6e du Tour de France’60) l’Allemand Rolf Wolfsohl (vainqueur de Paris-Nice, d’étapes sur le Tour et de la Vuelta’65) et surtout le Luxembourgeois Charly Gaul (vainqueur du Tour de France en 1955 et 1956, et du Giro 1959), ainsi que le Britannique Tom Simpson (championnat du monde en ’65, et vainqueur du Tour des Flandres, Milan-San Remo, le Tour de Lombardie et Bordeaux-Paris), dont on connait la tragique destinée.

Jean tente déjà se de mettre en évidence lors des Ardennaises: il crève malheureusement dans Liège-Bastogne-Liège, mais le lendemain, à la Flèche Wallonne (à l’époque, c’était un vrai week-end ardennais), il finit à une probante 17e place. « C’est Adam qui me suivait sur ces courses et il voulait me faire aller sur les quatre jours de Dunkerque, mais Gaston Plaud, le directeur sportif, ne m’avait pas sélectionné…, je les avais fait l’année avant avec Solo » (photo: sur le Dauphiné, Jean attend son tour derrière Jacques Anquetil qui porte son vélo)

Tour de France 1963: le rêve de gamin se réalise

Le jeune coureur de Flémalle participe à son premier Dauphiné Libéré, c’est là en partie qu’il convainc les dirigeants de l’équipe à le prendre sur le…Tour de France, grâce notamment à ses belles capacités de récupération. Un rêve se réalise pour Jean… Toutes les stars de l’équipe sont au départ, à l’exception de Simpson, que remplaçait le Français Henri Duez, vainqueur du Tour de Catalogne deux ans auparavant et qui finira 14e du Tour deux ans plus tard. « Charly Gaul était considéré comme le leader de l’équipe, avec ses deux victoires finales dans le passé, ce sera un fiasco; et pour les étapes, c’était Daems et Vannitsen, qui ne feront finalement rien, d’autant plus que Vannitsen abandonnera sur chute, avec une fracture de la clavicule, lors de l’étape vers Pau. Tout comme Wolfsohl, entre Jambes et Roubaix »

Dès la première étape, entre Paris et Epernay, Jean finit 19e, et 15e du sprint derrière les échappés. « Federico Bahamontes faisait partie de l’échappée victorieuse, et je me sentais plutôt bien; le lendemain, on arrive à Jambes (Namur), en Wallonie, mais malheureusement je manque la bonne échappée, j’étais vraiment déçu car je voulais faire quelque chose« . Mais Jean se reprend quelques jours plus tard: il termine 7e de l’étape Roubaix-Rouen, devant son épouse, sans qu’il se doute de sa présence: « c’était un sprint massif, je devance même Darrigade, qui fait 9, alors que Rik Van Looy termine 3e…à ma descente de vélo, Gaston Plaud, le directeur sportif vient me trouver et me dit « tu ne m’avais pas dit que tu savais sprinter comme ça »…et ça semblait un peu gêner les plans de l’équipe: je n’étais pas sensé faire ce genre de performance, j’étais considéré comme la dernière roue du carrosse Peugeot, et là, les jalousies ont commencé… »

Des jalousies qui se traduisent vite, selon Jean, par du sabotage… « J’étais le petit et j’étais devant eux, grossière erreur de ma part manifestement: je suis persuadé que Daems a mis du produit dans mon bidon avant l’étape entre Toulouse et Aurillac (13e étape), alors que l’année avant je lui avait donné ma parole sur le circuit du Limbourg: d’ailleurs, par la suite, il a confié à des supporters qu’il n’avait pas été chic avec moi; j’étais terriblement mal à la fin de l’étape…et au cours celle-ci, un de mes équipiers crève, et Plaud m’intime l’ordre de m’arrêter, sans quoi je pouvais rentrer chez moi, vous imaginez l’ambiance… » Après l’étape, déjà bien accablé par son état, le jeune flémallois reçoit un nouveau coup de massue: « le soigneur m’a dit clairement, ils veulent que tu ne finisses pas le Tour, à quoi j’ai répondu que je le finirais coûte que coûte: c’est alors qu’il m’a donné des pilules en me disant, tu prendras ça ou tu vas te faire lâcheratterré, je ne suis pas allé manger avec les autres et je suis resté dans ma chambre: seul Henri Duez est venu me trouvernous étions d’ailleurs les deux seuls à dormir seul dans une chambre »

Jean accepte de prendre les fameuses pilules et de fait, au début de l’étape entre Aurillac et St Etienne, au lendemain de la journée de repos, il pète des flammes… « Je me sentais si bien que je poussais Cerami dans l’ascension du Pas de Peyrol, mais à la fin de l’étape, les effets avaient bel et bien disparu et j’étais mort…si bien que ses pilules, le lendemain, je les lui ai rendues. Je me souviens que deux de mes équipiers (Daems et Vannisten ?) se moquaient de moi parce que je mettais vingt morceaux de sucre dans mon bidon, mais eux, ils mettaient autre chose…Ah oui, eux, ils en avaient gagné des courses de très haut niveau, mais je vous le dis clairement, pour gagner des courses comme celles-là, il fallait être dopé…C’est pas compliqué, la première chose que le coureurs demandaient quand on arrivait à l’hôtel, c’était de savoir où se trouvait la pharmacie la plus proche… C’était des fameux cocos ces deux-là et parfois ils en abusaient vraiment: je me souviens d’une après-course où l’on s’était retrouvé dans un café pour boire un verre, eh bien, ces messieurs avaient mis quelque chose dans le verre offert à la serveuse… »

Les scènes désagréables avec Daems semblent même être plutôt légion: « lors d’une des étapes, il distribuait des bidons d’eau à ses équipiers…il arrive à ma hauteur et déverse le contenu du bidon qui m’était dévolu sur mon pédalier…du coup, ben, je suis allé me chercher à boire moi-mêmeje pense qu’il était tout simplement jaloux« 

Et Jean a été témoin de pratiques plus que douteuses. « Ils se faisaient eux-mêmes leurs propres piqûres…un jour, au Dauphiné, j’ouvre une porte, et tout le monde se faisait piquer et j’ai demandé ce qui se passait et on m’a fait comprendre qu’il fallait que je fasse comme les autres, j’ai refusé et le soigneur m’a alors répondu que je ne ferais jamais rien dans ma carrière …à cette époque-là, c’était terrible, même Van Looy, dans le car, avec la seringue en main hein, ils ne cachaient pas… »

« Charly Gaul, c’était pareil, mais c’était triste de le voir, car c’était devenu addictif. Je me souviens de l’étape entre Jambes et Roubaix: je crève et je reviens tant bien que mal sur le peloton, mais forcément je n’en pouvais plus…je veux boire, mais Gaul me réclamait le bidon. J’ai eu l’outrecuidance de boire avant, il ne voulait plus du bidon, il a fallu que j’insiste à trois reprises pour qu’il accepte enfin de boire… Autre épisode incroyable avec lui, c’était au Tour du Luxembourg, je le vois se planquer derrière un muret, puis il revient dans le peloton, et là, il démarre à une allure folle…j’ai tenté de le suivre, en vain, et ensuite j’ai carrément explosé…il était arrivé avec 7-8 minutes d’avance; mais ça n’a pas duré, et comme pour d’autres coureurs, le corps n’acceptait plus ». Sur le Tour’63, Gaul abandonnera dans l’étape montagneuse de Chamonix, remportée par Anquetil: « Le matin de l’étape, devant ses oeufs sur le plat et son citronné, je me souviens très bien, il m’avait dit, celle-ci, je la gagne ou je pars…on ne l’a plus jamais revu sur le Tour, il a disparu, pas un aurevoir à l’équipe, rien du tout ».

« Je me souviens que le médecin-chef du Tour à l’époque, Pierre Dumas (qui soigna notamment en vain Tom Simpson sur les pentes du Ventoux) était absolument contre le dopage, mais il ne pouvait pas pénétrer dans les chambres des coureurs, il n’avait juste rien à dire…mais c’est lui qui m’a « tué » indirectement aux yeux des dirigeants de mon équipe« 

Jean n’en veut pas spécialement à son directeur sportif de l’époque: « Gaston était trop gentil, et il dirigeait des mercenaires, des vedettes… » Au sein de l’effectif, le jeune flémallois n’avait d’ailleurs pas d’ami…« il ne fallait avoir confiance en personne quasiment

Il faut dire aussi que les étapes étaient particulièrement longues à certains moments. « L’étape entre Rouen et Rennes, 5e étape, faisait 285 km, mais franchement moi cela ne me gênait pas, comme je l’ai déjà expliqué, j’étais même plus fort à la fin ».

Malgré cette ambiance parfois nauséabonde, Jean a quand même bien profité de ce Tour, grâce au public notamment… « C’était aussi la seconde fois que je roulais dans la montagne (Aubisque, Tourmalet, Aspin , Peyresourde et Portillon dans les Pyrénées; Porte, Croix de Fer, Iseran, Forclaz, Grand St Bernard, dans les Alpes), après mon expérience dans le Dauphiné, une manière de découvrir aussi les us et coutumes du gruppetto: je me souviens d’une fois où je me sentais bien et j’avais voulu sortir de celui-ci, et je me suis fait rappeler à l’ordre par Jean Stablinskicomme cela se passe aujourd’hui, on filtrait, il y avait des arrangements ».

Peugeot remporte une étape sur ce Tour, entre Bordeaux et Pau, avec le vétéran, Pino Cerami, 41 ans. « C’est Pierre Beuffeuil et André Darrigade qui initient l’échappée: je les rejoins. Puis cinq coureurs reviennent ensuite, dont Pino. Il m’avait dit qu’il allait attaquer dans le final, c’est ce qu’il a fait à la flamme rouge et il gagne avec quelques mètres. Moi, je devais surveiller les autres coureurs au cas où ils tenteraient quelque chose, car il fallait piéger Darrigade qui était le plus vite au sprint…c’est évidemment l’étape où on a gagné le plus, la victoire et l’interéquipes, ce qui fait rentrer de l’argent…, et pourtant je n’ai pas reçu la moindre félicitation de Plaud, je ne me rappelle même pas qu’on ait fait la fête le soir; je finis cinquième, mais j’aurais fait un tout autre résultat si Cerami n’avait pas été présent…je n’aurais peut-être pas gagné mais en tout cas pas cinquième, car dans ce schéma-là, impossible d’organiser mon sprint ». Après l’étape du Tourmalet, Cerami dira de Jean qu’il était la révélation de l’équipe, Cerami qui abandonnera à deux-trois jours de la fin…

Pour le moins tenace, vous l’aurez compris, Jean décroche une très belle 8e place dans le sprint massif qui solde la 18e étape à Lons-le-Saunier. Un final dans lequel il se mesure volontiers à des coureurs comme Rik Van Looy et Benoni Beheyt.

Lors de la toute dernière étape du Tour, Jean tentera encore de se mettra en évidence: « je termine 11e du sprint au Parc des Princes, à Paris, et au classement final je suis 70e sur 76, il y avait 130 coureurs au départ ». Un Tour de France remporté par Jacques Anquetil: « C’est un des rares de cette époque qui a avoué s’être dopé ».

Le partage des gains de l’équipe, encore une autre histoire peu claire dont Jean se serait bien passé… « Il avait été dit avant le départ que le partage s’effectuerait entre tous les coureurs de l’équipe qui ont passé la 15e étape, mais je n’étais pas présent lors de la distribution et ma part je l’ai reçue plus tard de Cerami, qui l’avait reçue de Ferdinand Bracke…puis nouveau coup de théâtre, quelques semaines plus tard, je reçois une lettre de Plaud, comme quoi je devais rembourser 500 francs à Pino, j’avais eu trop, soi-disant…je n’ai jamais rien remboursé et d’ailleurs Pino ne me l’a jamais demandé en personne…il fallait faire les comptes tous ensemble. Point barre ! » . Jean ne pouvait même pas conserver le vélo sur lequel il avait trimé pour l’équipe: « Il fallait le rendre après le Tour, ou alors le payer…franchement, j’aurais dû leur renvoyer en pièces détachées (sourire) ».

De retour de la Grande Boucle, Jean est tout heureux de retrouver sa famille, sa femme: il sera notamment mis à l’honneur lors du Criterium d’après Tour, à Rocourt.

Peugeot brise ses illusions

L’aventure Peugeot finit pourtant en eau de boudin et en novembre, Jean est éjecté de l’équipe… « Je n’avais pas voulu jouer dans leur jeu de dupes et je l’ai payé: c’était très dur pour moi…je m’y attendais ceci dit, depuis le Tour du Nord: j’y avais été aligné mais j’étais en totale méforme; j’avais rapidement abandonné et le soigneur avait dit qu’il y aurait des grincements de dents: il parlait de moi bien entendu… »

Jean effectue néanmoins une dernière saison avec l’équipe Wiels-Groene Leeuw, au sein de laquelle se trouvaient alors le jeune talent Benoni Beheyt, futur champion du monde, ou Gilbert Desmet. « Mon éviction de Peugeot m’a flanqué un sacré coup de bambou, et après je n’ai plus jamais eu le feu sacré, une sorte de dépression. Alors que j’avais réussi à réaliser mon rêve, ils me l’ont brisé: j’avais vraiment sacrifié ma jeunesse pour ce rêve…j’ai encore fait quelques kermesses, mais sans briller, juste quelques sixièmes places…je me souviens de l’une d’elle à Malines, notre groupe d’échappés avait été rejoint à 500 mètres de l’arrivée, mais je m’étais quand même battu pour une sixième place…je n’avais plus la force suffisante malgré tout. Je le disais à l’arrivée à mon beau-père: j’avais souffert toute la course pour suivre les autres, cela ne fonctionnait plus… ».

Jean est à ce point dégoûté par la manière dont il quitte les pelotons qu’il ne reviendra que très rarement sur des courses pour assister à celles-ci« Je suis retourné une fois comme invité à Liège-Bastogne-Liège, grâce à l’entreprise de mon fils, mais à part cela…j’y ai revu quelques anciens coureurs comme Cerami, Impanis…Raymond avait été en quelque sorte adopté par les gens du village de Housse, parce qu’il avait gagné l’épreuve Berg-Housse-Bergj’avais été supporter de Raymond« .

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