Vélo by Léo — Lionel Solheid

Bingoal Sauces Pauwels WB 2022: s’inspirer de l’audace des Robeet, Paquot, Rex et les autres

Christophe Brandt ne peut aspirer qu’à une chose cette année, c’est que ses coureurs fassent preuve d’autant d’audace, ne pas complexer face aux grosses machines du World Tour, déjouer leurs plans, bref oser gagner ! C’est ce qu’est parvenu à réaliser Ludovic Robeet l’an dernier dans la semi-classique flandrienne de Nokere, au nez et à la barbe des « Flahûtes » et des routiers-sprinters. C’est aussi ce qu’a réussi le Limbourgeois Milan Menten, en Croatie ou encore Kenny Molly, en enlevant le Grand Prix de la montagne au Tour du Luxembourg. Et à l’image de jeunes coureurs comme le très offensif Tom Paquot ou le puissant Laurenz Rex, c’est toute l’attitude des coureurs de l’équipe wallonne qui s’est transformée ces deux dernières années.

Trois coureurs de l’effectif passé ont pris leur retraite, à commencer par le grimpeur Jelle Vanendert. Lorsque l’on affiche à son palmarès une victoire au Plateau de Beille, sur le Tour de France (19e de la Grande Boucle cette année-là), deux deuxièmes places à l’Amstel, ou encore une 3e place à la Flèche Wallonne, on sait que son expérience va manquer… Le sprinter de Thimister Boris Vallée a lui aussi tiré sa révérence, à 28 seulement, notamment lassé par les blessures à répétition. Il laissera dans les annales une très belle victoire au Roeulx, sur le Tour de Wallonie, s’offrant Tom Boonen au sprint. Sean De Bie a aussi stoppé sa carrière (il avait remporté la Classique Impanis-Van Petegem). Mais ceux qui risquent de manquer le plus à l’équipe, car ils ont tout l’avenir devant eux, c’est probablement notre compatriote Laurens Huys (13e du Tour de Belgique l’an dernier), qui a rejoint le voisin wallon d’Intermarché-Wanty-Gobert, et le Suisse Joël Suter, à qui l’on promet une belle carrière: 2e du grand prix de la montagne, au Tour de Romandie l’an dernier, il a déjà fini 2e cette année d’une des courses du Challenge de Majorque, sous ses nouvelles couleurs des émirats.

Tizza, Lauk et…la surprise du chef, Tietema !

Et pourtant…avec les moyens qui sont les leurs, les dirigeants de « Wallonie-Bruxelles » semblent avoir, sur le papier, plutôt transféré juste… avec la venue d’un grimpeur-puncheur italien qui, bien qu’anonyme pour le grand public, a probablement les plus belles références de l’équipe aujourd’hui, avec Menten: le Lombard Marco Tizza, qui provient d’Amore & Vita, a déjà remporté une étape du Tour du Portugal et du Tour de Sibiu, en 2019, mais a aussi fini 2e du Tour du Limbourg l’année avant, 2e d’une étape du Tour de Burgos, 3e du Trophée Matteotti, ou 5e du Tour de Toscane et du Mémorial Pantani. Et l’année dernière, il faisait encore 7e du GP d’Aargau, 9e à Lugano ou 13e du Tour des Appenins.

Le deuxième transfert est plus jeune et toujours prometteur. Issu de l’équipe « conti » de la Groupama FDJ, l’Estonien Karl-Patrick Lauk a remporté le tour de son pays à deux reprises, et fut vice-champion national, également à deux reprises. L’an dernier, il a remporté une étape du modeste tour de Guadeloupe.

Quant au troisième transfert, il est tombé aujourd’hui !!! Le Néerlandais Bas Tietema revient à la compétition, après avoir quitté le vélo sur une saison blanche en 2019. Il a aujourd’hui 27 ans. Le coureur de Zwolle avait terminé 3e de Paris-Roubaix espoirs en 2014. En 2021 (comme l’année avant, mais de manière moins médiatisée), il s’est surtout fait connaitre du grand public en sa qualité de youtubeur: c’est lui avait lancé ce défi un peu dingue aux coureurs du Tour de France, un concours de wheeling dont l’apothéose s’était déroulée dans le Col de Beixalis, au Pays Basque: c’est le sprinter allemand Max Walscheid qui l’avait emporté.

Bingoal renforce aussi son effectif en puisant dans le vivier de son équipe de développement, couvée depuis plusieurs années par Christophe Detilloux. Cette année, c’est le tour de Louis Blouwe et de Johan Meens, originaire du même village que Kevin Van Melsen. Il a déjà prouvé ses qualités en finissant 20e du difficile Giro del Belvedere, en Italie, chez les espoirs. Des coureurs auxquels on peut ajouter Dorian De Maeght et Ceriel Desal, passés stagiaires à l’été dernier.

Les sprinters et les flahûtes

Si l’on attend pas mal de choses de Tizza, nombreux sont ceux qui vont devoir confirmer cette année leurs belles dispositions passées, ou celles qu’ils ont révélées. Le sprinter Timothy Dupont ne doit plus rien prouver à personne. Vainqueur de la Nokere Koerse, lui aussi, du GP Jef Scherens, de la Coupe Sels ou encore d’une étape de l’Etoile de Béssèges (mais aussi 3e de la Clasica de Almeria, 2e à Palma et 3e du GP de Denain), le Gantois s’est illustré l’an dernier avec une 5e place à la semi-classique Bruges-la Panne et dans une étape du Tour de Belgique, ou cette 2e place au GP Monseré. Il devrait donc encore jouer les premiers rôles dans les sprints massifs, à l’instar du jeune polonais Stanislas Aniolkowksi, 4e du circuit de Wallonie et 10e à la Panne l’an dernier.

De tous les autres coureurs, on peut espérer qu’ils se mettent en évidence sur les terrains les plus divers. A commencer par Arjen Lievyns, véritable révélation des deux campagnes flandriennes passées: déjà 7e du GP de Wallonie en 2019 (19e à Kuurne), il avait fini 15e de la Flèche brabançonne en 2020, et 17e « A travers la Flandre » l’an dernier, après avoir décroché la 5e place au GP de la Marseillaise.

Chez les Flandriens, Milan Menten pourrait bien valoir de grosses satisfactions cette année. Vainqueur d’une étape au Tour de Croatien 2021, il est quand même parvenu à faire 5e du championnat de Belgique sur route, 7e du Memorial Franck Vandenbroucke à Binche, 6e du Tour du Limbourg, mais aussi 10e du GP Samyn, 15e de la Flèche brabançonne, et enfin 10e du Tour de Wallonie, et 11e du Tour du Danemark. C’est vraiment très solide !

Et dans la catégorie des flahûtes, on peut assurément placer également Kenny Molly et les wallons Rex et Robeet.

Paquot et Robeet, les dynamiteurs

Côté wallon justement, sous l’impulsion du fougueux coureur hesbignon Tom Paquot (Braives) et du puissant coureur germanophone Laurenz Rex, l’heure est à la dynamite ! Et ce n’est pas Ludovic Robeet qui dira la contraire… Lauréat à Nokere l’an dernier, le Nivellois s’est montré plus qu’à son tour, finissant aussi 2e du classement de la montagne à l’Etoile de Béssèges, 7 à l’Antwerp Port Epic et 13e à l’Eurometropole Tour. Ludo n’a plus peur de rien… Pas moins que Paquot qu’on a vu de nombreuses fois à l’attaque l’an dernier: 2e du grand prix de la montagne sur le Tour de Wallonie en 2020, il a fini 3e du Tour du Doubs en 2021. Quant à la démonstration de Laurenz sur Paris-Roubaix (21e au final), il ne peut y a aucun doute sur les qualités de ce garçon.

Il n’y a pas de raison que le Bruxellois Dimitri Peyskens et le Gaumais Remy Mertz ne suivent pas le mouvement, même si les meilleurs résultats de Dimitri remontent à l’année 2019 (6e du Circuit de la Sarthe, 13e de la Flèche brabançonne ou encore 12e de l’Arctic Race en Norvège). 11e de l’Alpes-Isère Tour, mais surtout 7e du Tour de Valence et 8e au Tour du Doubs, l’an dernier, Remy (5e de la Famenne-Ardennes Classic en 2019), a bien commencé cette saison avec une 20e place au GP de la Marseillaise. Quant au Waremmien Quentin Venner, il devra montrer toute son abnégation à aider ses équipiers, ou tenter sa chance à l’occasion.

Wirtgen brothers…

Au même titre que tous les autres, le Néerlandais Mathijs Paaschens, qui ne sera plus seul avec l’arrivée de Tietima, et les deux frères luxembourgeois, Luc et Tom Wirtgen, possèdent autant de qualités, de références et de capacités à jouer leur carte à l’occasion. Vainqueur de la Kreiz Breizh en Bretagne, le routier Mathijs a fini 10e l’an dernier de Paris-Troyes; Luc fut 9e du Tour du Jura, dont son frère Tom avait remporté une étape en 2018, alors que cette année, ce dernier a terminé 15e du Tour des Alpes maritimes, 18e à Denain et 26e du Tour de Belgique.

Le projet de Christophe Brandt ne fait que s’améliorer au fil des ans et désormais l’ensemble de ses coureurs sont pris au sérieux par le peloton international. L’histoire continue… d’autant que le major sponsor Bingoal a prolongé le contrat pour cinq années supplémentaires !!!

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