Vélo by Léo — Lionel Solheid

Lionel Syne, le touche-à-tout

Le point d’orgue d’une carrière honorable

Le Pesant et le Faso, la parenthèse finale

Répondant enfin aux études qu’il a effectuées, Lionel commence à travailler comme éducateur dans un centre pour autistes, à St Georges. « Je m’étais mis en tête d’arrêter la compétition, puisque j’y travaillais à temps plein, mais mon ami Patrice Hemroulle, devenu directeur technique du Pesant Club Liégeois, me propose de faire partie de l’équipe. Et poursuivre l’aventure à un étage un peu plus bas (élites sans contrat). Il parvient à me persuader et donc, en parallèle de mon boulot, je m’octroie une charge d’entraînement de dix à douze heures par semaine, pour participer à une cinquantaine de courses durant l’année, quelques interclubs, mais essentiellement des kermesses ». Ce qu’il fera jusqu’en 2009, avec une ombre au tableau en 2005, puisque la fédération Wallonie-Bruxelles lui retire son titre de champion de Wallonie, pour une affaire de dopage relativement floue. Preuve en est qu’il peut continuer à courir.

Et Lionel retourne surtout sur sa course fétiche, son tour du Faso. Pas immédiatement, parce qu’il s’y blesse après une lourde chute, ce qui le refroidit assurément. Mais il s’y alignera encore à quatre reprises ! « En 2009, je raccroche mon vélo de compétition définitivement au clou, mais je tenais à finir là-bas, au Burkina. Je m’y étais d’ailleurs préparé de manière optimale, avec de l’ambition. J’y avais déjà gagné le maillot vert à deux reprises et remporté cinq étapes et donc je voulais enfin y remporter le classement général, après avoir fini septième à trois reprises ». Le Stavelotain se loupe dès la deuxième étape et décide alors de se focaliser sur les victoires d’étapes. Excellent choix, puisqu’il en remporte cinq, soit la moitié d’entre elles. Et un troisième maillot vert.

Il faut dire que l’équipe belge qui y est alignée est très soudée… « Avec des gars que je connaissais vraiment bien, j’avais en quelque sorte construit cette équipe autour de moi: Laurent Donnay, avec lequel je roulais au Pesant; Laurent Mars, et trois néerlandophones, dont Guy Smet, le roi des victoires en kermesses. On avait réalisé une véritable razzia sur l’épreuve, sorte de point d’orgue d’une carrière honorable et qui m’avait apporté énormément de choses ».

La vente de vélos: retour aux sources

Deux ans de contrat à St Georges, une année dans le centre St Michel, à Spa, avec des enfants en difficulté, l’éducateur Lionel décide d’investir dans un projet personnel, avec sa compagne. « Une opportunité nous amène à reprendre une librairie dans le centre de Stavelot. Le contact quotidien avec les habitants de la ville, c’est quelque chose qui nous correspondait bien à tous les deux. Et en parallèle, me vient l’idée de relancer un mini-commerce de vélos. Au début, j’avais juste un mur de pièces détachées, dans la librairie, pour dépanner les clients. Je place deux vélos dans la vitrine, pour faire comprendre que les clients pouvaient y acheter un vélo. On avait inventé en quelque sorte un concept inédit…d’un côté je te vends un vélo, de l’autre une farde de cigarettes, pour fumer en roulant quoi… (rires). Faut avouer que c’était assez bizarre ».

Après deux années à la tête de la librairie, une nouvelle opportunité s’ébauche avec la construction d’un bâtiment le long de ce que l’on appelle, à Stavelot, le « dédoublement ». « On a sauté sur l’occasion et donc créer cette fois deux espaces différents, un pour la librairie, l’autre pour le vélo. Le démarrage a été compliqué, car il faut savoir que l’on gagne peu sa vie en librairie, les marges sont extrêmement faibles. Ce qui a finalement poussé Chantal à trouver un autre travail, car cela devenait trop compliqué financièrement. Le but alors était de conserver la librairie, avec un employé, durant deux-trois ans, afin de mieux faire connaître la partie vélo, grâce au passage: une belle vitrine. Comme prévu, au terme de deux ans, je revends la librairie, et consacre toute la surface commerciale au magasin de vélos »

Un magasin que « Lio » fait vivre jusqu’en 2015. Durant cette période, il travaille plus particulièrement les marques Giant et Merida, puis surtout Look, « plus haut de gamme, ciblée route, impulsion que je veux donner au magasin, vu mon passé de routier, Look qui était et est toujours distribuée par la société Action Sports, que je connais depuis sa création à peu de choses près. Par amitié avec son fondateur de l’époque, Andreas Tubes. Il avait suivi mon parcours, on allait rouler à vélo de temps en temps ensemble, et en fin de compte, il me propose de venir travailler pour lui, chez Action Sports, dès 2013, mais comme j’avais investi dans mon projet de magasin, forcément je n’accède pas directement à sa proposition ».

Mais Andreas (photo) parvient finalement à ses fins et Lionel accepte de travailler pour Action Sports. « Le vélo est en perpétuelle évolution. On est alors au tout début de l’avènement du vélo électrique, segment qui n’est pas du tout le mien, puisque mes connaissances se situent plus dans le vélo sportif. C’est aussi l’apparition des « mega » magasins, principalement en Flandre, mais aussi dans nos contrées, comme Bicyclic à Hognoul, avec des visions très claires sur l’avenir, et d’autres ouvertures de magasins de grande capacité, je me rends compte qu’avec un petit magasin à Stavelot, pas très connaisseur des médias sociaux, je ne ferai pas le poids. D’où cette décision de rejoindre l’équipe d’Andreas ».

C’est un nouveau challenge pour le Stavelotain, lui qui adore les multiplier. « Je me retrouve un peu de l’autre côté de la barrière. Ma curiosité, qui est finalement un trait flagrant de ma personnalité, m’amène à relever un nouveau défi« . Lionel estime la proposition alléchante, notamment grâce au portefeuille de marques de la société, et il se lance donc jusqu’au mois d’avril de cette année 2021…

« Après quatre mois d’activité dans mes nouvelles fonctions en 2015, je me fracture la jambe (photo)…des débuts fracassants (sourire); je travaille durant un peu plus de trois ans au service après-vente, puis j’ai l’opportunité de postuler comme brand manager, pour les marques qui touchent au vélo (pneus, pédales,, selles, etc.), mais cette année-là, Andreas est approché par une firme allemande, qui veut racheter sa société…et il finira par vendre, puis la quitter quelques temps plus tard, alors qu’il était le responsable pour le Benelux (cette société avait pour ambition de créer un réseau à travers l’Europe) ».

Mais Lionel ne se sent plus spécialement dans son élément… « Je travaillais pour une société familiale à la base, avec une quinzaine de personnes, puis du jour au lendemain, la structure grandit inexorablement, dans un groupe qui compte une centaine de personnes. Des décisions qui se prennent en haut lieu, et des marges de manoeuvre qui se réduisent...le travail devient moins intéressant à mes yeux ».

De leur côté, Andreas et son fils Jérôme décident de recréer une société de distribution, il y a 8-10 mois. « Grâce au réseau qu’il s’est forgé à travers toute l’Europe, il reçoit la confiance de grosses marques, dont celle des roues Fulcrum, propriété de Campagnolo…et il a besoin d’un coup de main, dès lors, qui resonne à ma porte ? …c’est Andreas…et, bien entendu, j’accepte, partant pour un énième challenge ». Le siège de la société se situe à Cockaifagne (entre Sart et Francorchamps) et le stock, à Henri-Chapelle.

En marge de son boulot régulier, Lionel a aussi organisé des camps VTT, notamment dans l’Atlas marocain, et il profite de son temps libre, pour enfourcher encore sa bécane. En particulier pour des traces en gravel, dont il est véritablement tombé amoureux avec son frère Nicolas. Et de temps à autre, il « retouche » à la compétition à travers des épreuves de Gran Fondo, comme très récemment le terrible « Conquête des Ardennes », près de 460 kilomètres, avec une cinquantaine de côtes au programme, dont les plus illustres (Mur de Huy, Stockeu, Redoute, Citadelle de Namur, etc.), qu’il a effectué avec quatre amis, en moins de vingt heures… Chapeau bas, monsieur Lio-de-Stavelot !

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