Vélo by Léo — Lionel Solheid

Ludivine Henrion, du vélo, un point c’est tout !

J’ai levé les bras à l’arrivée

Un univers familial à 100% cycliste

Sur le berceau de la Berlozienne, ce sont les fées à rayons qui se sont penchées. Ludivine a très tôt été nourrie au biberon cycliste, même si le football lui faisait un peu de l’oeil. Son père, Jean-Paul Henrion, fut coureur amateur jusqu’à la naissance de sa fille. A la tête du Sprinter Club de Berloz, puis du TCH, le club de Hesbaye, c’est lui qui a d’abord créé le club du CC Chevigny. « Il s’est toujours occupé de coureurs. En fait, il est originaire de Libramont et c’est avec ses frères qu’il a fondé le club de Chevigny, dans le village de Laneuville. On allait voir les coureurs sur les courses de la région et ailleurs… de temps en temps, il prenait un des coureurs en stage à la maison, le faire rouler derrière la moto, etc. ».

Ludivine a deux frères qui ont aussi été coureurs: le plus âgé, Jonathan (vice-champion de Belgique chez les espoirs), a été stagiaire en fin de saison 2005, chez Davitamon-Lotto (à l’époque de Christophe Brandt, Cadel Evans, Robbie McEwen ou Axel Merckx), puis il a roulé en continental pro une demi-saison pour Storez (avec Jonas Van Genechten) et une saison avec le Pôle Continental Wallon (notamment avec Edwig Cammaerts, Jeroen Van Schelven -qui sera notre prochain invité- et Kevin Van Melsen). Le plus jeune, Sven, n’a pas roulé chez les pros. « Je suis au milieu, mais c’est moi qui suis la première à avoir roulé en compétition. Souvent, c’est la soeur qui suit, là c’est le contraire ». Et la fratrie aura en commun d’avoir tous été champions FCWB (Fédération Wallonie-Bruxelles): « et moi en dernier, d’ailleurs, le temps que le championnat soit aussi créé pour les filles…et ils ont été champions provinciaux, moi pas puisqu’il n’y avait pas de championnat féminin (rires) ».

Des randonnées hesbignonnes au VC Ardennes

Ludivine ne se souvient pas spécialement du premier vélo qu’elle a enfourché, mais bien de son premier vélo de course. « Il est d’ailleurs encore chez mes parents, et ma fille aimerait justement commencer à rouler sur la route… elle un 20″, et il commence à être un peu petit. Avant de trouver une bonne occasion en 24, elle roulera sur celui-là. C’est un vélo bleu. J’allais souvent le dimanche matin avec mon père faire des randos. A cette époque-là, les clubs de la région se retrouvaient tous les dimanches. On était toujours une centaine de cyclos à rouler à la même allure. C’est devenu beaucoup plus rare de nos jours. Le plus jeune était chaque fois récompensé, et c’était souvent moi (rires): on faisait une soixantaine de kilomètres ».

Ces randos -elle avait alors 8 ans- seront d’ailleurs une sorte de déclencheur dans les envies cyclistes de la toute jeune hesbignonne. « On m’a toujours raconté que lors d’une des premières randos, à Hannut, mon père m’avait dit que si après 20 kilomètres, j’étais fatiguée, il y avait toujours la camionnette-balai pour me récupérer. J’ai rien dit jusqu’aux 50 kilomètres, et là j’ai voulu arrêter: mon père m’a répondu « Hannut est juste là-bas, t’iras bien jusqu’au bout », c’est là que j’ai remonté tout le peloton, on m’a laissé m’échapper et j’ai levé les bras à l’arrivée (rires). J’ai donc été récompensée, et le monsieur qui m’a remis la coupe ce jour-là, Roland Lefèvre, il est devenu aujourd’hui un des soigneurs de notre équipe Bingoal Ladies ».

Pour pouvoir prendre part à une course, il fallait avoir 12 ans, et pourtant, c’est à l’âge de 10 ans que Ludivine va participer pour la toute première fois à une épreuve… « C’était au Luxembourg, avec le Velo Club Ardennes. C’était une course pour aspirants et l’équipe avait le droit de prendre deux jeunes de moins de 12 ans: et j’ai pu intégré l’équipe avec Fabian D’Evola. Comme on connaissait bien Jean-Marie Ledent, il s’est vite tourné vers nous pour savoir si on était intéressé. C’est alors que mon père m’a acheté un plus grand vélo, ce qui a d’ailleurs rendu Jonathan jaloux (rires). Mon père lui a répondu qu’il lui en achèterait un aussi à condition qu’il fasse des courses, et pas juste pour faire le tour du village (rires)« .

C’est au moment où Ludivine commence à rouler en compétition que se crée le club de Berloz. A 12 ans, en 1996, elle fait donc partie du Sprinter Club Berloz, un club qui disparaît trois ans plus tard au profit du TCH Team Cycliste de Hesbaye, sous la houlette de Jean-Paul Henrion et d’autres comitards berloziens. Pour autant, Ludivine a été affiliée au club de Berloz/TCH jusqu’en 2003. Année de transition vers les formations UCI.

« J’ai signé mon premier contrat à la Flèche Wallonne »

Sa toute première course dans la catégorie des aspirants, elle l’effectue dans le petit village hervien de Manaihant, cher aux Somja… « Cela se passait dans le zoning, et je termine 2e sur 19, avec les garçons. Cette année-là, j’ai gagné trois courses, et fini deuxième à six reprises, dont cinq fois derrière le même coureur, Frédéric Petit, qui a arrêté dès la catégorie des débutants… ».

En 2003, Ludivine passe dans la catégorie des élites, mais elle effectue encore une saison avec le TCH; c’est l’année suivante qu’elle signe son premier contrat UCI… « Cela s’est passé le jour de la Flèche Wallonne, dans un café, en face du centre sportif...je signais avec le team néerlandais Bik-Gios. Nous avions eu les premiers contacts lors d’une course en début d’année, à Hoogstraten. L’année précédente, c’est une des grandes formations mondiales: l’ex-championne du monde Alessandra Capellotto en faisait partie. L’année suivante, l’objectif était de repartir d’une page blanche, avec des jeunes, dont je faisais partie ». En 2005, l’aventure était déjà terminée pour cette formation.

C’est Rinus Verboom, un ancien coureur néerlandais, à la carrière éphémère, qui repère Ludivine à Hoogstraten. « Sans lui, peut-être que je n’aurais jamais mis le pied à l’étrier, ni fais ce que j’ai fait…à ce moment-là, je n’étais que 2e année, je n’avais que 19 ans, je suis heureuse de lui avoir tapé dans l’oeil ».

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